dimanche 24 juin 2007

Jeu, Set et Fin de la première manche!

Bon, on y est: l'heure de rentrer au bercail... la mi-temps!! 4 mois que je suis à Seattle et il est temps de migrer pour passer l'été au soleil (parce que ici ça s'arrange pas: tout le monde disait, "ouais tu vas voir en juin, ce sera super" et maintenant c'est plutôt, "ouais c'est vraiment le mois de juin le plus pourri que l'on ait connu, tout ça, c'est de la faute de Sarko!!" Ils y vont un peu forts les p'tits Seattleites quand même, enfin, bon...). Dans exactement six petites heures (faut que j'aille me coucher), je vais me lever, attendre le shuttle à 5 plombes du mat' qui va déposer à 6h à l'aeropuerto, prendre mon avion pour Toronto à 8h15, arriver là-bas à 15h30, prendre un second vol pour Paris CDG à 20h25, qui nous débarquera à 10h00, mardi matin en terre sarkozyenne (faut que j'arrête avec lui), changer d'aéroport pour me diriger sur Orly pour mon vol Paris-Bastia. Arrivée en terre corse (et aussi sarkozyenne!! God Damned!) à 14hje sais plus combien. Une voiture conduite par un membre de ma famille viendra me chercher et une heure et demie plus tard, on devrait être à la Kasbah soit vers les 16h....
Je récapitule; lever 4h du matin lundi 25 juin - arrivée 16h mardi 26 juin: en temps compensé un peu plus de 27h à errer comme un zombie tout en essayant de faire bonne figure auprès de nos amis les douaniers...
Je vais quand même vous mettre un petit cliché: vendredi soir, un petit repas qui m'a reconcilié avec la bouffe américaine... plutôt sympa les fruits de mer comme ça, en vrac sur la table!!! Y sont forts ces américains!

lundi 4 juin 2007

A big mix = Du grand n'importe quoi (traduction libre)

En visionnant les quelques photos (quelques, car je ne suis pas très assidu dans le "prenage" de documents photographiques - je vais certainement le regretter - mais en même temps, le poids de la bête et les problèmes de batterie récurrents coupent tout élan artistico-journalistique qui surgit parfois du tréfond de l'âme de votre cher serviteur) prises ces dernières semaines, je me rends compte que tout se téléscope dans un joyeux bazar: les personnes que je rencontre, différentes, les paysages qui semblent disparaître littéralement sous les roues des voitures automatiques que je conduis, pour être remplacés par d'autres aussi stupéfiants, les saisons qui se bousculent dans une même journée, une végétation incroyable à la mesure du taux de précipitations annuel, etc. Vous allez me dire que tout cela est bien nébuleux. Pas vraiment, cela reflète vraiment l'état du dossier intitulé "Seattle" dans le fichier "Mes photos" stocké sur le disque dur de mon "laptop" (comme y disent ici). La preuve par l'image....
Tenez l'autre jour, je me rends au Sasquatch music festival (http://www.sasquatchfestival.com/), http://maps.live.com/default.aspx?v=2&cp=47.010196~-119.972463&style=a&lvl=14&tilt=-90&dir=0&alt=-1000&encType=1 , joyeux rassemblement d'amateurs de musique, de paysages vallonnés et de bikinis non moins vallonnés: si, si, vraiment, les gorges sont profondes à cet endroit de la Columbia river comme vous pouvez le voir sur la photo. Les américains savent bien faire les choses: vous pouvez ainsi admirer le paysage fabuleux qui s'offre à vous, allongé dans un herbe verte et douce arrosée avec amour (alors qu'il s'agit d'une région aride), la pente de cet amphithéâtre conférant l'angle parfait permettant de voir et écouter les artistes tel que Björk, Manu Chao (une star aux States?!) et des beaucoup moins bons, tout en dégustant la fabuleuse nourriture américaine à base de burgers et de "Oktoberfest" sausages, sous le regard envieux de naïades en maillots de bain au milieu du désert, fortement contrites de ne pouvoir en faire autant mais bien obligées si elles veulent conserver des formes aussi attrayantes que celles qu'offre le paysage mais aussi leurs petits amis bodybuildés et oints, dont le coefficient intellectuel semble avoisiner, au regard de leur comportement, celui du paon faisant la roue ou du Sasquatch errant dans les bois du Northwest américain... 30000 personnes rassemblés ainsi suffit à rassasier le besoin que j'éprouve, de manière aussi sporadique qu'éphémère, de rencontrer mon prochain... en troupeau!
Le lendemain, changement radical: direction le wilderness!! La forêt, les arbres immenses, incroyables, la rivière partout, les montagnes nous entourent, le silence de la nature, les parois verticales des pics qui nous surplombent, un petit pont de bois vermoulu, de la mousse verte et jaune sur les arbres, d'une épaisseur jamais rencontrée jusqu'à présent, des arbres qui ont chu lors de la dernière tempête et dont le diamètre fait deux fois ma taille, des troncs d'arbre creux comme on voit dans les dessins animés, lieux de poursuite infernales, des moustiques gros comme le doigt prêt à vous vider de votre sang : le bonheur quoi!! Rien de tel qu'une bonne marche...
En deux jours, on passe donc de la foule survoltée au silence de la forêt, de la végétation aride et clairsemée de la Columbia river à la luxuriance de la forêt de la Necklace Valley avec ses troncs d'arbres entrelacés... C'est comme cela que ça se passe chez Mc Donald: à la différence de l'ancien monde, en Amérique, les climats sont tellement perturbés par les reliefs imposants qu'en l'espace de quelques heures de voitures, on passe d'une humidité importante à l'aridité.
De même, on peut traverser les montagnes enneigées où il fait bon skier ou bien allez batifoler au bord de l'eau, l'horizon se découpant autour des innombrables îles du Pudget Sound. Les phoques et lions de mer s'amusent dans les courants incroyables qui se créent entre chaque îles (Fidalgo Island et Burrows Island en l'occurence), lors des changements de marées.
Voilà quoi , jonglage entre des décors montagnards avec une architecture allemande caractéristique (?), comme ici dans le village surréaliste de Leavenworth, jouant à fond sur la carte allemande, pour faire venir le touriste, et les grattes-cieux de Seattle, dont j'ai déjà parlé dans un article précédent...
On saute du coq à l'âne; du bbq (barbecue) improvisé sur un parking après une après-midi de ski pluvieuse, à la cuisinière de compétition que tout bon américain qui se respecte, possède dans sa cuisine, munie de résistance électrique qui monte en température ultra rapidement et dont la largeur d'enfournage (plus de 60 cm??!! A vérifier...) permettrait de faire rentrer un boeuf entier ou plutôt une pizza King size!!!
Je vous avais prévenu: du grand n'importe quoi!! que ces cernières semaines passées en cette terre de paradoxe où climats, paysages, cultures, mentalités se téléscopent et finissent par former dans un grand melting pot, une mixture souvent indigeste... Pour pouvoir l'ingurgiter et l'assimiler, il ne faut pas cesser de bouger. La sédentarité dans un tel milieu ménerait, à coup sûr, à l'obesité tant physique que mentale... Non, au contraire, il faut rester en mouvement, poursuivre le voyage à l'intérieur même du voyage puisque telle est mon/notre besoin vital comme l'explique Bruce Chatwin dans "Qu'est-ce que je fais là": "Sans doute devrions nous attribuer à la nature humaine une tendance appétitive au mouvement au sens le plus large. L'acte de voyager contribue à apporter une sensation de bien-être physique et mental alors que la monotonie d'une sédentarité prolongée ou d'un travail régulier engendre la fatigue et une sensation d'inadaptation personnelle. Une grande part de ce que les éthologistes ont désigné sous le nom "d'agression" n'est que la réaction de colère aux frustations causées par le confinement."
Bon ben, allez prendre une bonne bouffée d'air, c'est moi qui régale!! En tout cas, moi, dès que je peux, je ne m'en prive pas! Ah, au fait, j'oubliais: l'autre jour, des techniciens rentrent dans mon bureau, bardés d'instruments de mesures. Je leur demande: vous mesurez quoi? Asbestos! me répondent-ils. Est-ce dangereux? Pas vraiment!!! me rétorquent-ils...
Dernière précision, l'Asbestos, c'est de l'amiante!!... Sacré fichu pays de paradoxe...

mardi 15 mai 2007

Casquette basse, main sur la saucisse et base ball...

Bon, fallait y passer!! ça y est, c'est fait!! J'ai pénétré dans le saint des saints http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_des_saints de la culture américaine!! Je me suis mêlé au peuple américain!! Baptême, communion, eucharistie, extrême-onction!! J'ai tout fait!!
Baptême en m'immergeant dans la foule trépignant d'impatience devant l'entrée du Safeco Field et son fameux toit retractable http://seattle.mariners.mlb.com/, http://maps.live.com/default.aspx?v=2&cp=rxysdv4t52dq&style=o&lvl=1&tilt=-90&dir=0&alt=-1000&scene=3703340&encType=1, communion lors de l'hymne américain chanté a capella devant 40000 spectateurs debouts, casquettes basses et main sur le coeur, eucharistie en partageant le hot-dog et la Budweiser, extrême-onction devant la bassine de fromage fondu, d'un jaune qui ne laisse aucun doute sur la composition de cet ingrédient (à base de pétrole!! d'où les deux guerres vitales menées en Irak!! le développement d'un fromage fondu à base de poisson abyssal eût été beaucoup moins onéreux...) et qui pourtant est abondamment déversé sur des chips de maïs (les nachos). J'ai crié BOUOUOUO à l'entrée du meilleur batteur des Yankees de New-York, j'ai crié I-SHI-RO/ I-SHI-RO à l'entrée du meilleur batteur des Mariners de Seattle (Ishiro Suzuki)!!! En plus les petits gars de Seattle, ils ont gagné!! Je n'ai malheureusement pas pu attrapé au vol une éventuelle balle envoyée dans le public étant donné que l'on était placé à l'avant dernier rang, tout en haut du stade!! En tout cas, c'était plutôt bon enfant, pas vraiment la même ambiance que dans un stade de foot. On vient en famille (j'ai vu un père de famille changer la couche de son rejeton tout merdeux, sur une table à langer se trouvant à côté des urinoirs dans les toilettes pour hommes! y sont forts ces américains!!), on vient voir du base-ball puisque c'est de cela qu'il s'agit, si vous n'aviez pas encore compris, on vient acheter toutes sortes de produits dérivés (casquette, tee-shirt, petit coussin pour ses fesses, carte pour les collections de base-ball...) mais surtout on vient pour bouffer!! Le stadium est un vaste restaurant à ciel ouvert avec pas moins de 62 stands de bouffe vendant des cacahuètes, des hot-dog, des bretzels géants, de la binouze (point trop! il faut montrer patte blanche / + de 21 ans, sa carte d'identité, et pas plus de deux bières pas personne), des nachos dégoûtants avec du fromage fondu jaune, des barbe à papa, etc.
Il y a même un code of conduct avec les interdictions suivantes (je ne résiste pas à les indiquer ici):

> Foul/abusive language or obscene gestures,

> Intoxication or other signs of impairment related to alcohol consumption,

> Displays of affection not appropriate in a public, family setting,

> Obscene or indecent clothing,

> Any disruption of the game or event, including throwing of objects or trespassing on the playing field or in restricted areas,

> Sitting in a location other than the guest's ticketed seat,

> Fighting, taunting, or making threatening remarks or gestures.

On est effectivement loin des matchs de football avec nos chèrs supporters ("Paris, Paris, on t'encule!!" avé l'accent s'il vous plaît)!!!
Voilà quoi, une bonne après-midi de sport, de saucisse et de culture américaine!! J'étais à bloc le lendemain pour le second tour des playoff du tournoi de softball de l'université!! Je me voyais déjà en train de "catcher" des balles atmosphériques dans "l'infield", de frapper des balles terribles me permettant un "home run"...et bien, en fait, on a perdu... et c'était mon plus mauvais match...mon dernier match... d'une courte carrière de joueur de softball...sniff sniff

jeudi 3 mai 2007

Tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin elle se casse

Bon, ça fait longtemps que je ne me suis pas dégourdi les doigts à écrire un article sur le blog donc je m'en fais un petit pour me chauffer... Depuis le premier jour que j'ai posé le pied en Amérique du Nord, je l'ai tout de suite remarqué! C'était comme un fantasme, une envie d'essayer depuis fort longtemps... Je l'avais tellement vu sans avoir jamais pu l'expérimenter par moi-même... Je me suis donc approché, je me suis baissé, j'ai ouvert la bouche et ben là je m'en suis foutu partout parce que c'est pas évident, quand même, de boire à ces petites fontaines!!! Et oui, vous savez, on en a tous vu dans les séries américaines, dans les couloirs de lycée, ces petites fontaines: on appuie sur le bouton et un petit jet d'eau jaillit et on peut se désalterer en toute impunité. Et donc ils en foutent partout: dans les aéroports comme à Toronto (c'était ma première fontaine!! quel souvenir!!), à l'université, il y en a une juste à côté des toilettes, un petit pipi et hop un petit coup d'eau fraîche!! Et oui parce que c'est réfrigéré l'affaire!! Je me répète, mais ils sont forts les américains!! A tel point qu'ils en mettent aussi dans la rue ou comme sur ce cliché, à l'entrée d'un parc!! De l'eau potable pour tous!! C'est ça la démocratie, l'égalité et l'aérophagie aussi. Parce que pour boire un coup, y a pas pire!! Faut se plier en quatre, ce qui ne facilite pas l'absorption naturelle de liquide par voie orale et qui plus est, le faible débit et la trajectoire parabolique du jet vous obligent à déglutir fortement afin d'opposer une force contraire à celle de la pesanteur, seule possibilité permettant à l'eau de pénétrer dans votre oesophage. Bref, c'est assez technique de boire un coup aux States!! Je me demande d'ailleurs s'il faut tenter d'intercepter le jet d'eau dans la phase ascendante de la parabole ou dans sa phase descendante. Faites gaffe tout de même, l'autre jour j'ai experimenté une nouvelle technique et comme vous n'êtes pas à l'abri des regards comme vous pourriez l'être dans les toilettes par exemple, ou à confess' ou comme dans l'isoloir (souvenez vous il y a pas si longtemps et faut remettre ça dimanche: euh déconnez pas sinon je refous pas les pieds dans le pâtelin si Sarko passe!!) et bien tout le monde se marre bien quand vous êtes complètement aspergé! Je me suis fait bêtement piégé par un changement de débit!! God Damned!! Même les activités les plus élémentaires sont périlleuses aux Etats-Unis!! La semaine prochaine, je vous raconterai comment retirer de l'argent au distributeur automatique tout en restant au volant de sa voiture...si, si, c'est possible!! Bientôt dans toutes les bonnes banques françaises...

lundi 16 avril 2007

Skyline (prononcez [skaïlaïne])

Oui, ben écoutez, il est vrai que mon accent est des plus déplorables, mais bon c'est histoire de... tout le monde n'est pas anglophone... Tout ça pour parler un peu de Seattle, de son centre ville avec ses grattes-ciel: bon, un peu déçu ou du moins pas vraiment impressionné puisque je n'en attendais pas grand chose... C'est toujours agréable de se promener de temps en temps au milieu de ces géants; personnellement, ça me rappelle quand je rêvais sur certaines vignettes de Tintin en Amérique http://bd.casterman.com/isbn/2-203-00102-X/ (il y a aussi celle où il fait la tambouille avant d'être littéralement transporté dans les airs par un geyser de pétrole: et bien ça me donnait faim, cela avait l'air bon ce qu'il mangeait... tout ça en écoutant Barclay James Harvest - sacré mélange - ma madeleine à moi!!). Bref, revenons-en à nos moutons, les grattes-ciel, l'horizon à Seattle, etc. Vous pouvez voir ce que cela donne sur la photo: il s'agit de Downtown (là où il y a tous les grands bâtiments) vu de l'autre côté du Lake Union. Bon, vous vous en serez douter le temps n'est pas "top top" d'où ces "grattes-ciel gris"!!
L'autre jour, je me suis rendu à "Volunteer Park", un grand parc situé sur une butte auquel est accolé le "Lakeview Cemetery" surtout connu pour abriter la tombe des Lee, père et fils, Bruce et Brandon (incroyable, non?) et donc je suis grimpé au sommet d'un château d'eau desaffecté pour pouvoir réaliser ce cliché du centre ville sous un petit ciel bleu... d'où ces "grattes-ciel bleu"!
By night, ça devient plutôt incroyable, surtout quand il y a l'autoroute qui s'interpose avec ses lumières filantes: il ne manque que le bruit assourdissant et l'odeur des gaz d'échappements... Ah l'Amérique!!! Tiens aujourd'hui, histoire de faire contre-point avec un de mes articles précédents (sur le murder-suicide du campus de Seattle) et bien il s'agit du murder-suicide de Blacksburg en Virginie avec un nouveau record battu du nombre de victimes avec pas moins de 33 personnes tuées: on ne sait pas si le meurtrier-suicidé est compté dans les victimes... Euh, ben écoutez, cela commence à faire froid dans le dos... Ils sont complétement ceintrés par ici!! Il est 22h et je viens de recevoir un mail du président (et oui, notre cher président de l'Université de Washington nous envoie des mails pour nous dire combien c'est triste tout cela et qu'il faut que l'on soit fort dans l'adversité et dans la douleur: "We Are Together" disait Benoît Poolvoerde dans les Randonneurs devant l'épreuve Ô combien difficile que constitue le GR 20 (toute proportion gardée bien sûr...). Je cite: "As a society and as a community, we need to continue to address issues of how violence can erupt in a relationship and identify resources to help those who may be prone to acts of violence, as well as to take even greater measures to protect potential victims of such violence. We are confronting a national epidemic of individuals doing harm to someone they know, and we must learn more about its root causes and how it can be stopped." Désolé pour ceux qui ne comprendraient pas mais je suis trop flemmard pour faire le traducteur. Surtout que le mail du président était très long: non loin de la fin, on pouvait lire ceci: "If you notice any suspicious behavior on campus, please contact ..." Tout ça pour dire que j'ai mis mon rasoir éléctrique à charger, non pas dans le but de réaliser un attentat capillaire, mais bel et bien de gommer de mon faciès cet air patibulaire que peut parfois me conférer ma barbe d'une semaine (si, si, ça m'arrive!!). Et les airs patibulaires, y en a downtown!! (vous avez vu comment je rattrape le coup, comment je retombe sur mes pattes (ibullaires ou rouflaquettes??!!) en réembrayant sur mon exposé de Seattle!!!???). Et oui, car le centre-ville est le repère de toutes les cloches du coin, les biffins, ceux qui se nourrissent de ce que d'autres ont estampillés comme déchets puisque jetés dans les poubelles...
Ils mangent les restes de la société de consommation: les hamburgers que l'on a pas fini (ben pourquoi?), les fonds de milkshake certainement trop solides pour passer dans la paille, les frites qui ont des yeux, ou celles qui se sont baignées trop longtemps dans leur piscine d'huile bouillante (l'autre jour, j'étais avec une amie et on passe devant une devanture avec écrit en gros "fraïtes", c'est comme cela que je le lis dans ma petite tête farçie de sonorités américaines et je demande donc ce qu'ils vendent là-dedans et on me répond "french fries": ben ouais ils vendaient des frites comme c'était écrit sur la devanture - je commence à me transformer en Jean Claude Vandamme - HELP!!!). Tout ça pour dire, que la foule est plutôt spéciale en cente-ville passée une certaine heure: fait pas bon y perdre son portefeuille...
Un peu à l'écart, se trouve le Space Needle, tour permettant, moyennant 15 dollars, de jouir d'une vue imprenable sur le patelin et ses alentours... Elle est connue pour être en fait une véritable soucoupe volante dans le film "Men in Black 1" (vous avez vu la culture cinématographique, un peu??!!). Sur la photo, c'est le bidouillou que l'on voit au loin, au milieu...Voilà donc la cité dans toute sa splendeur rêvée et dans sa triste réalité...
Le "skyline" que je préfère à Seattle est celui que l'on peut voir lorsque la nébulosité le permet: par temps clair (plutôt rare, faut-il le préciser!), on se retrouve en pleine ville entourées par les montagnes; la plus emblématique étant le Mount Rainier (4392 m d'altitude, je le rappelle). Le campus a été pensé pour que l'on puisse l'apercevoir dans l'axe des principales artères... http://www.washington.edu/home/maps/
Sur la photo, on peut le voir au centre, au loin, petit cône blanc évanescent se confondant avec le ciel nuageux... C'est ça aussi Seattle, des parcs, des bouts de forêts, la mer qui ne semble pas différente des nombreux lacs qui entourent la ville, les montagnes qui montrent le bout de leur nez de temps à autre et des plages aussi... faut venir voir quoi, histoire de ne pas mourir idiot et faut faire vite, semble-t-il, en ces temps de bêtise humaine...

mercredi 4 avril 2007

Dîner avec mon Pote Cast...

Ben ouais, ça podcast à mort ici, depuis que je suis arrivé... La télé, je la regarde pas, j'ai pas le câble, donc j'ai le choix entre 5 ou 6 chaînes: séries à gogo (les mêmes qu'en france, grey's anatomy ou sais pas quoi encore) avec de la pub toutes les 15 minutes: c'est infernal!! Quelques fois, il y a sortie resto, le midi ou le soir, ça dépend: le midi, c'est plutôt, resto vietnamien sur l'avenue à côté du campus. Une bonne soupe vietnamienne, il n'y a que ça de vrai! Des nouilles, du poulet, plein de liquide (et encore c'est la small portion et déjà, c'est presque si l'on a pas envie de pisser à mi-bouillon!!je vous raconte pas la grande...), à cela vous pouvez rajouter du soja! C'est Phô Ga!! C'est pas cher et ça remplit bien, d'autant que, en dessert, vous est gracieusement offert un chou à la crème (c'est écrit comme cela sur la carte)!! Aaah, l'empire colonial français...
Tiens, l'autre soir, j'ai même mangé des crêpes dans un resto à Capitol Hill, accompagné d'un verre de bordeaux (euh, ben y avait pas de cidre!!).
Enfin, bon, tout ça pour dire que, des fois, je mange en solo à la maison et que pendant que les maxillaires travaillent et que les enzymes salivaires dissolvent, il faut bien occuper l'esprit: il n'y en a pas que pour le ventre quand même!
La convivialité est sans doute un remède contre l'obesité... méditez cela! De ce fait, ne pouvant déjeuner ou diner avec vous, chers amis, ou chers membres de ma famille, n'ayant pas les capacités financières de ripailler au resto entouré des connaissances que je me suis faites depuis que je suis ici, je me vois dans l'obligation de déjeuner ou dîner seul. A ce propos, c'est la spécialité ici; ça mange dans son bureau sa petite salade, ça va s'acheter un hamburger à 10h du mat' et ça revient travailler et même mieux, l'autre jour, j'attendais à un feu que celui-ci laisse traverser les piétons, et sur ma gauche, il y a avait cette femme, en fin de trentaine, tranquille, attendant également le feu, avec sa fourchette en plastique, en train de manger sa salade, contenue dans un tupperware...?? Ben, je sais pas vous, mais moi, ça me fait halluciner de voir une bonne femme en train de manger sa salade dans la rue devant le passage clouté!!!???
Bref, pour ma part, point de manifestations ostentatoires de mon appétit, livrées aux piétons et aux automobilistes et pour me nourrir l'esprit en nourrissant mon corps et bien j'utilise mes précieux cadeaux que vous m'avez offerts pour mes trente ans et pour ma soutenance à savoir ce super combi tranportable, I-POD et I-FUSION qui permet d'écouter de la musique en toute circonstance, pas seulement de la musique mais aussi du Podcast, vous savez ces programmes qui fleurissent sur internet et que l'on télécharge: émissions de radio, programmes vidéo, etc.
Et bien moi, je fais dans le Daniel MERMET et sa formidable émission Là-bas si j'y suis, diffusée sur France Inter, 15h-16h, mais que l'on peut télécharger sur le site www.la-bas.org . En ce moment, c'est un voyage en Chine qui est proposé aux AMG (auditeurs modestes et géniaux) et je dois dire que le pouvoir évocateur d'un carnet de voyage radiophonique est assez comparable à celui de la littérature. En préambule de chaque émission, on peut entendre les messages des auditeurs qu'ils laissent sur le répondeur de l'émission: cela va du coup de coeur pour ce qui a été dit dans l'émission précédente mais parfois aussi des coups de geule assez marrants. Bref, tout cela est plutôt humaniste et essaie de nous emmener vers du meilleur en nous montrant souvent le pire... Donc beaucoup de sujets de société, de notre société française mais surtout ce que je préfère, ce sont les voyages: il faut absolument écouter par exemple les émissions sur le Yémen!! Pour contrebalancer tout cela, je me télécharge aussi le podcast des infos de LCI pour avoir quelques news du pays et parfois, même, parce que je suis dingo, je télécharge le journal de 13h de TF1 avec J.P. Pernot, si si, je vous jure: en fait, c'est un truc de fou, un condensé en 6 minutes du journal de Jean-Pierre, imaginez le truc, on approche du zéro absolu journalistique, un coup de météo, le truc grave du moment, un reportage de région, et au revoir!!
Ah lalala, la technologie, je vous jure!
C'est pas comme ici, parce que ici, il s'en passe des choses. L'autre jour, je suis réveillé par des bruits d'hélicoptère, je me demande ce que c'est; d'autant que généralement, un hélico, ça fait du bruit, jusque là tout va bien, mais ça passe et après c'est fini. Et bien là, non, un hélico qui reste, je regarde dehors, non deux hélico, qui font du stationnaire? Et là tous ceux qui ont vu le film Les Affranchis de Scorcese avec Ray Liotta se souviendront de cette scène où Liotta devient parano, voit des hélico qui le suivent toute la journée alors qu'il a plein de drogue à couper et à transporter. Enfin, bref, j'étais un peu dans cet état d'esprit, avec comme drogue seulement deux pauvres cachés d'ASPRO 500 et mon tube de Berotec. Je prends quand même mon passeport avant d'aller à la fac, on sait jamais!!! Bon j'exagère un peu mais bon, en arrivant au Department, mon collègue de bureau me montre les infos locales: il s'agit d'un murder-suicide qui vient de se passer sur le campus!! FUCK! Dans la typologie élaborée par les journalistes ou les spécialistes ès-criminalité, si l'on veut rentrer dans cette case, il faut tuer quelqu'un ou plusieurs d'ailleurs et après se suicider, ce qui change un peu du banal meurtre après lequel le tueur s'enfuie, ou des meurtres en série du serial killer. Enfin, le fait est que c'est arrivé ici à Seattle, sur le campus, d'où les hélicos et tout le tintamarre...
Je crois qu'il est grand temps d'arrêter cet article, je crois que j'ai du perdre tous mes lecteurs en cours de route. C'est un peu brouillon, ce soir, pas de plan, ça saute du coq à l'âne, j'ai le plus grand mal à trouver un titre à cet article, style approximatif et au vu du nombre d'onomatopés (ben, ahh, euh, ah lala, etc.), cela se rapproche davantage des articles du guide du routard que de la grande littérature. Allez ressaisis-toi, Sylvain, fais honneur à la France et au grand destin qui l'attend bientôt (glourps... un petit dernier pour la route!!)

dimanche 1 avril 2007

Archéo, géo, ethno, botanique et...littérature:quel blog!!

"L'être humain naît nu, faible, et mou, et le demeure.

Il n'a pas toison pour lui tenir chaud, sauf sur la tête et au menton où elle est superflue, sous les bras où elle nécessite le déodorant, et en triangle fléché vers le sexe, comme si le partenaire intéressé avait besoin de cette indication pour savoir où le trouver.

L'homme...

L'homme n'a pas de carapace pour le protéger contre les pinces d'autrui, comme le homard, ou pour y retirer à l'abri sa tête et ses pieds, comme la tortue. S'il rencontre une épine, il se troue.

Il ne court pas comme l'antilope. Un beau film nous a montré un athlète gagnant une compétition aux jeux Olympiques. Prises de vues sensationnelles, plans de plus en plus gros de son visage convulsé par l'effort. Ralentis, plans énormes, plan fixe, victoire! Il a gagné! Ravagé, le héros s'écroule, à demi-mort. Qu'a t-il fait? Il a couru cent mètres... N'import quel gros, moyen ou petit chien l'eût dépassé en gambadant et tirant la langue, non d'épuisement, mais de plaisir.

Il n'entend pas comme le chat, ne voit pas comme l'aigle, ne s'oriente pas comme le pigeon, ne sent pas son partenaire sexuel à dix kilomètres comme le papillon, ne vole pas comme la mouche, ne saut pas comme la puce. Il nage vingt mètres et se noie. C'est du moins ce qui m'arriverait si je tentais cet exploit. Même si vous êtes bon nageur, pour le reste vous ne valez pas mieux que moi...

L'homme est l'animal le plus fragile, le plus désarmé, le plus incapable de toute la nature, après le ver de terre. Encore ce dernier, tant qu'il reste dans son trou, n'a-t-il rien à craindre du merle. Et pour faire son marché, pas de problème: il se nourrit des murs de son appartement. Et si un coup de bêche le coupe en deux, chaque moitié redevient un ver complet.

Pauvre homme...

Sous une forme ou sous une autre, j'ai déjà dit, écrit, exposé, ce bilan des incapacités humaines. Mais il est bon, il est même nécessaire, de répéter les vérités essentielles, surtout lorsqu'elles sont si évidentes que personne n'en a plus conscience.

Pour survivre, l'homme a donc dû se battre contre des créatures plus fortes et mieux armées que lui. Même s'il prenait garde de ne pas les affronter, et tentait de subsister en cueillant des mûres, sa délicatesse végétarienne ne l'empêchait pas, tandis qu'il déterrait une racine de chiendent, de recevoir sur le dos une panthère ou un loup qui le trouvait à son goût.

Comment se défendre? Fautes de crocs et des griffes que la nature lui avait refusés, il a dû se fabriquer des armes et, pour les fabriquer, inventer des outils.

Ces outils, lentement perfectionnés au cours des millénaires, lui ont permis de prolonger à l'infini la portée de ses sens bornés. Aujourd'hui, il entend et voit un orateur prononcer un discours de l'autre côté de la Terre, il entend les étoiles et voit les profondeurs de l'univers et de l'atome. Il vole plus haut que l'aigle, nage dans des profondeurs que les poissons n'osent pas fréquenter, ne court pas comme la gazelle, mais roule plus vite qu'elle.

Voilà donc l'homme, au départ aussi nu qu'une huître sans coquille, pourvu aujourd'hui de moyens de défense, d'expansion et de connaissances tels qu'aucune autre créature n'en possède. Il peut, non sans exaltation, regarder l'horizon qui se présente à lui, l'espace et le temps sans limites.

C'est le moment où tout peut commencer. Ou finir."

Demain le Paradis, 1986. René Barjavel (1911-1985)

Voilà, une des petites perles que l'on peut trouver dans les Suzzalo et Allen Libraries, bibliothèques de l'UW (prononcez "YOUDUB") dont je vous parlais dans un article précédent. Donc aujourd'hui, panne d'inspiration et comment pourrait-il en être autrement après avoir lu ces lignes écrites il y a vingt ans?? Toujours d'actualité, si l'on en fait une lecture différente, tant l'oeuvre de Barjavel est marquée par la bombe atomique, qui menaçait de réduire à néant la civilisation humaine et tout ce qui va avec au moindre éternuement non annoncé d'un des belligérants. Aujourd'hui la menace est moins éclatante(!!) mais les sonnettes d'alarme concernant la mise en danger de notre environnement ont été tirées et on ne pourra pas dire, plus tard, à nos petits enfants, que l'on ne savait pas...

Comme tout article de ce blog, se doit d'être accompagné d'une image, voici pour compléter la série de photos de bibliothèques, celle municipale se trouvant downtown et qui aurait pu certainement se trouver dans un des romans d'anticipation de Barjavel (pour plus de détails: http://barjaweb.free.fr)