dimanche 2 décembre 2007

Action de graisse...

Je ne pouvais m'y soustraire: le fameux "Thanksgiving"... http://fr.wikipedia.org/wiki/Thanksgiving . Ce fut doublement fameux, d'une part puisque cela a permis de bénéficier d'un week end prolongé et d'autre part de partager un solide et bon repas! Enfin!! Oserais-je dire... A table, avec des couverts, avec de la nourriture normale, viande et légumes à profusion!! De la dinde, une bonne grosse dinde farcie (vous pouvez l'admirer sur la photo au moment où elle passa de vie à trepas!), avec du bon jus et puis pour accompagner ça une purée de patate douce, un gratin de fayots, un gratin de purée de maïs, pour l'exotisme une sauce à base de gelée de "cranberries" et pour le bizarre (voire très bizarre) une sorte de salade de fruits et shamallow(?!) à manger en même temps que tout le reste... Le tout arrosé d'un petit Merlot de Washington State... En dessert, (ils sont souvent plus fort en dessert ici qu'en plat de résistance), la célèbre Pumpkin Pie, tarte au potiron, qui je dois le dire est vraiment délicieuse... Bref, on se serait cru à la maison, excepté le fait que l'ouverture des festivités ait eu lieue à 18h00. Du coup, après ce repas que les américains jugent pantagruélique (un repas normal pour nous, maudits français...bon il est vrai que l'effort est porté sur la multiplicité des accompagnements avec la dinde, ce qui en fait un repas de fête, il faut bien le reconnaître...), après une matinée à galoper comme un deraté en essayant de recevoir ce balon ovale que les américains jettent à la main loin devant -ce qui est complétement contraire au règles du rugby, c'est peut être pour cela que les américains appellent d'ailleurs ce sport "football" (c'est à n'y rien comprendre!)- (pour l'anecdote, j'ai assisté à un match de football américain dans un pub avec diffusion de 4 matchs différents en même temps sur plusieurs écrans de télé - il faut choisir son camp! - le tout à 10h du matin, avec oeufs brouillés, saucisses et bière - faut bien se mettre dans l'ambiance!!- et bien ils sont complétement timbrés les gars!! Ils hurlent carrément, jettent leur casquette à terre, j'ai presque cru qu'ils allaient se taper dessus...), donc à 19h30, après tous ces évenements, j'avais l'impression qu'il était 23hoo tellement j'étais éprouvé...
Ah, vous pouvez me croire, c'est pas de tout repos la vie aux States...
P.S.: Merci à Jacob et Kim pour ce bon repas!!

mardi 6 novembre 2007

Naissance et Renaissance

Quand j'ai reçu le message d'Olivier, il était 00h ici, vu qu'il était 9h du mat' en France. Je venais de rentrer de chez des amis où il y avait une petite fête dédiée à la sculpture sur citrouille (si si, c'est possible!). Quelqu'un avait réussi à dégotter une bouteille de pastis!! La soirée fut bonne... Bref, je rentre à la maison et je reçois le message m'annonçant l'arrivée du divine enfant...
http://photographe.hautetfort.com/archive/2007/10/31/sacha.html#comments Je m'endors en faisant de beaux rêves. Le lendemain matin, dimanche ici, je découvre les photos de Sacha ma nièce, sur le blog, j'envoie des petits messages de félicitations... Il fait beau, je me dis qu'aller prendre l'air ne me ferait pas de mal: plusieurs possibilités s'offrent à moi, tant la diversité des parcs est importante à Seattle. Je me décide pour Discovery Park qui est celui qui ressemble le plus à la vraie nature... Il faut traverser la forêt pour atteindre la plage... Bref, je décolle vers les 13h. En arrivant à l'entrée du parc, il y a un carrefour: à gauche, la forêt puis la plage et à droite, un panneau indique Cultural Center: j'avais déjà remarqué ce panneau et je m'étais dit qu'il faudra aller jeter un oeil puisque cela doit certainement traiter des indiens... J'hésite puis je me lance en direction du centre. Le centre, en lui même, de l'extérieur, ne paie pas de mine, mélange de béton des années 80 avec du bois des mêmes années, ce qui rend le tout plutôt défraîchi... A l'intérieur, personne, si ce n'est un gars qui fait le tour des bureaux vides pour vider des corbeilles à papier. Quelques photos, quelques sculptures, quelques prospectus... Je choppe quand même le gars pour lui demander s'il n'y a que ça à voir: ben oui, et aussi le jardin botanique. De jardin botanique, il s'agit en fait de trois plantes qui se battent en duel avec des écriteaux... Bien bien déçu de tout ça... Même pas un gars avec qui causer. Je continue et puis j'aperçois des voitures dans une clairière au milieu de la forêt en contrebas du centre et puis j'entends des percussions. Un tambour... Et puis je vois trois-quatre gens qui semblent bien être des "native americans". D'autres promeneurs passent sans leur prêter attention. Je me demande ce que c'est. Je me dis qu'ils doivent être en train de faire des choses qui ne regardent qu'eux et que je ferais mieux de passer mon chemin. Je me dis aussi que je suis à Seattle et que "y a pas que les hamburgers, l'université et les matchs de base ball"!! Je me dis que si j'y vais pas, je vais m'en retourner en France et puis voilà, ce sera tout... J'hésite. Bon j'y vais. J'approche, je vois une hutte basse couverte de toile de feutre, puis derrière, un feu entouré d'un cercle de pierre et qui créé un corridor jusqu'à l'entrée de la hutte. Devant la hutte, sur un petit tas de terre, une armature en bois à laquelle est accrochée une plume et sous laquelle se trouve du tabac. Deux hommes sont en train de jouer du tambour, assis sur des tapis près du feu. Une femme, une américaine, blanche, est emmitouflée près du feu. Un autre gars, le visage marqué, du genre qui n'a pas bu que de l'eau dans sa jeunesse, s'occupe du feu. Un quatrième homme vient à ma rencontre. Je me présente, lui dit que je viens de visiter le centre et que j'ai entendu les percussions. Il s'appelle Tom, indien de l'Arizona. On parle, lui explique que c'est pas facile de rencontrer des native americans, de découvrir leur culture, lui demande comment ça se passe dans les réserves, ce qu'il fait, etc. Les deux percussionnistes ont cessé de jouer et viennent se présenter. Le plus grand, agé de 50 à 60 ans, cheveux longs, très costaud, une tête de plus que moi, s'appelle Leeman et je me souviens plus d'où il est (Indien de l'Utah ou un truc comme), l'autre plus petit, porte un hameçon en os autour du cou. Forcément, il est hawaïen et s'appelle Brian. La femme, elle, c'est Cathy. Je leur explique le même truc: visite du centre, difficile de découvrir culture des native american, etc. Tout de suite, le plus grand me dit que je vais aller dans la hutte avec eux! 4 m de diamètre, 1 m de haut, un trou en son centre pour placer des galets chauffées dans le feu à l'extérieur. Il m'explique que c'est une cérémonie commune à la plupart des peuples indiens ( http://en.wikipedia.org/wiki/Sweat_lodge ), que l'on rentre à l'intérieur, que l'on place les pierres, l'on rabat le battant, que l'on se retrouve dans le noir et que l'on fait brûler des herbes sur les pierres chaudes, que l'on asperge d'eau pour faire monter la température à l'intérieur de la hutte comme dans un sauna, que si je ne tiens pas la chaleur, je peux sortir à tout moment... Bon, Brian me prête un short et une serviette et sans avoir le temps de penser, de dire non, d'hésiter, je me retrouve torse poil dans la hutte avec la femme habillée de la tête au pied et cinq bonhommes à moitié à poil. Je me demande ce que je fous là et c'est la première fois que ça me le fait, comme en voyage quoi! Je suis bien loin de tout à ce moment-là... Ils placent les pierres, 10 gros galets, Leeman place un peu de sauge sur une des pierres, puis du tabac, puis d'autres herbes que je ne reconnais pas... Brian, à l'extérieur rentre avec un seau d'eau, lui fait toucher les pierres au centre de la hutte et fait passer le seau jusqu'à Leeman, assis en face de l'entrée, dans l'axe du feu, face à l'est. Après cela, la porte est fermée et l'on se retrouve dans l'obscurité. La chaleur augmente tout de suite. Puis Leeman prend la parole et commence à expliquer, à m'expliquer ce qui va se passer, chacun va se présenter, expliquer qui il est, ce qu'il veut dire aux esprits, etc... Je me dis: qu'est-ce que je fous là!!!?? Il explique en tout cas qu'ils sont tous très honorés que je sois là, qu'ils ne savent pas pourquoi je suis là, que peut être moi-même je ne sais pas ce que je fais là, mais que tout cela a un sens. Tout ça dans le noir et dans la chaleur. Le premier à prendre la parole est un gars arrivé juste avant que l'on entre et qui s'appelle Fernando. Il se présente et explique que c'est un quechua du Pérou, ce qu'il fait à Seattle, que ça va pas fort en ce moment, etc. Puis c'est au tour du suivant et du suivant, le tout dans le sens des aiguilles d'une montre et à chaque fois, Leeman asperge les galets avec l'eau ce qui fait que quand arrive mon tour, il fait très chaud, et que l'on transpire tous comme des "porciaux". Je suis assez intimidé, essaie de parler le plus clairement possible, de dire des choses sensées sur ma personne, sur ce que je fais en tant qu'archéologue, tout ça dans le noir, ce qui rend la chose plus difficile. Heureusement, le code est de dire "huh" pour montrer que l'on acquièse. Lorsque le tour est fini, Leeman commence les pières pendant que Fernando et Brian se relaient au chant (mélopée de type indienne). J'hallucine mais bon en même temps, tout cela me paraît dans l'ordre des choses et ne me sens pas particulièrement un intrus dans cette cérémonie... Fin du premier round. On rouvre la porte, on remet des pierres et c'est reparti...Au bout du troisième round comme cela, Leeman commence à m'expliquer la signification de cette cérémonie, que la hutte représente l'utérus de la mère-terre, que cela permet aux hommes de partager les souffrances des femmes lors de leur règle, que cette cérémonie est comme une renaissance, qu'il fait chaud à l'intérieur et qu'il faut sortir à l'extérieur, comme le fait le nouveau-né... tout d'un coup, je me reconnecte avec le présent ou la réalité et je comprends maintenant pourquoi je suis là: Sacha. Coincidence, destin, etc: toujours les mêmes sempiternelles questions quoi qu'il en soit, je me retrouve ruisselant de sueur, à me souvenir des premières paroles de Leeman qui ne savait pas pourquoi j'étais là avec eux ce jour-là, et leur apprend que Sacha, ma nièce, est née quelques heures plus tôt. Leur "huh" était à la fois mêlé d'étonnement et d'évidence... Ce sur quoi, un nouveau round a été improvisé qui était mené par Leeman, le medecine man, et dédié aux prières indiennes pour la nouveau-née, sa famille, moi, sa soeur, ses parents, ses grands-parents, les amis, tout ce qui m'entoure de près ou de loin, y compris mon véhicule, si j'ai bien compris!!! C'est là oû la chaleur a été la plus intolérable, difficile de respirer tant l'air est chaud. Nous sommes tous sortis ensuite à quatre pattes du ventre de la mère-terre, le soleil venait de se coucher, il faisait nuit, ruisselant dans le froid, je venais de renaître selon le rite indien, de parcourir symboliquement le chemin qu'avait emprunté Sacha quelques heures plus tôt, celui que nous avons tous emprunté... Drôle d'expérience, non? Difficile à raconter en fait...

mardi 9 octobre 2007

I'm back!!!

Dernière publication le 27 juin 2007, me dit-on, sur l'écran de contrôle de ce blog??!! Comment est-ce possible? Plus de trois mois sans communication, sans nouvelles de votre cher serviteur? Et vous ne vous inquiétez même pas? Bon si, en fait aujourd'hui, j'ai reçu un message de mon homonyme et qui plus est ami... C'est ce qui m'a un peu décidé à me remettre à ce sacerdoce qu'est l'écriture internetique régulière. Et puis parce que aussi, j'ai quelques clichés à vous soumettre de ce week end. Vous connaissez la règle: je raconte des conneries (puisque c'est ainsi qu'il faut nommer tout ce que je raconte sur ce blog), soit mais avec l'appui de photos permettant de documenter voire de prouver (si besoin était tant la confiance que vous me faites grâce semble irrémédiable et aveugle...) mes faits et gestes et observations en cette terre de paradoxe.
Que dire de mon retour? Un voyage long mais supportable et ce malgré la promuiscuité inévitable dans ce genre d'entreprise: petit exemple pour illustrer ce propos qui pourrait sembler gratuit à celui qui n'est jamais monté dans le grand oiseau blanc. S'en remettre à son destin, tel est l'état d'esprit dans lequel je me trouve lorsque je me dis que je suis enfermé dans un truc en acier qui vole à 10 000 m et sur lequel je n'ai aucun pouvoir... C'est un peu la même chose lorsque l'on découvre la place gentiment attribué par le sort, le hasard. Je suis sur un couloir, jusque là tout va bien puisque c'est ce que j'avais demandé en tapotant sur internet, lorsque j'avais acheté mon billet. A ce stade là, on se dit toujours que l'on va se retrouver à côté d'une belle blonde célibataire à la poitrine opulente sur laquelle on pourra passer les 10h à venir... Y en a, j'en ai vu à l'embarquement (je passe les détails, sur la chienlit de l'embarquement à Heathrow (London)!!)... Et bien c'est là que l'on se dit que les probabilités, c'est une belle connerie. Je me retrouve en effet à devoir partager ce long voyage à côté d'un grand gaillard de 1,90 m, aimable comme une porte de prison, qui a pour hobby principal, lors d'une voyage en avion, celui de s'arracher les peaux mortes se situant à l'extremité de ses doigts!!! Temps de repos entre chaque séance: pas plus de 5 secondes et ce pendant une durée de plus de 10h (par souci d'honnêteté, l'on retranchera les deux repas et les trois pipis qui ont permis à notre grand gaillard d'employer un peu plus sainement ses dix doigts!!). Est-ce le signe d'une grande nervosité en avion ou d'un trouble obsessionel compulsif? Le fait est que c'est ce genre de chose qui vous donne envie d'acheter le dernier airbus A300 j'sais plus combien afin de voyager à son aise!!
Suite à l'arrivée, normal: un rhume!! (Mon cher voisin d'avion n'arrêtait pas de tousser: merci très chère promiscuité aérienne!) ce qui, combiné à un jetlag doux mais présent, vous fait passer une première semaine sur un nuage, complètement anesthésié...
Et ce malgré une météo clémente pour Seattle puisque quasiment aucune pluie. Une température tout de même inférieure d'une dizaine de degré avec celle de la Corse, ce qui assure un choc thermique non négligeable, rendant le revêtage matinal d'habits, un sempiternel casse-tête...
Retour dans mon bureau sans fenêtre, au plancher fait d'amiante, et dont la température ambiante doit être inférieure de 5° au reste du département d'anthropologie: pour résumé, cela a tout les caractéristiques d'une glacière ce qui est toujours agréable lorsque l'on doit passer des heures à son bureau.
Côté langue: ça revient vite, surtout lorsque l'on est forcé d'expliquer au douanier, à Seattle, après avoir passé plus de 24h debout (enfin plié en 4 dans l'avion!! parenthèse dans la parenthèse: j'ai oublié de vous parler de l'écart entre chaque rangée de fauteuil en classe économique qui est ridiculement réduit permettant ainsi aux membres de la business class de s'offrir des lits que l'on a tout loisir de maudire lorsque l'on rentre par l'avant de l'appareil: c'est ça la nouvelle lutte des classes, celles des classes en avion!! Viva la revolucion!! Ya basta!! En même temps, ce problème n'est rien face à celui trop souvent tu, du desséchement des muqueuses lors des voyages intercontinentaux qui n'épargne pas nos amis richissimes de la classe affaire, enfin ceci est une autre histoire! Viva Zapata! Vive les crottes de nez en business class!! Non mais!), que ce n'est pas la première fois que l'on vient aux Etats Unis et c'est pourquoi, le document répondant au doux nom de DS-2019 est complètement défoncé puisque l'on est obligé de l'avoir en permanence sur soit lorsque l'on est ressortissant étranger comme moi, dans ce beau pays que sont les Etats Unis d'Amérique, tout ça en anglais et en faisant bonne figure avec cette tête de con de douanier américain. C'est bizarre cette propension qu'ont ceux exerçant ces métiers d'autorité tels que les douaniers, les gendarmes, à ne jamais répondre à votre question immédiatement mais qui vous laisse mariner pendant 5 minutes avant de donner une réponse. Deux possibilités: soit ils ont les synapses d'un poisson rouge évoluant dans une eau sans oxygène, ne leur permettant pas de te parler et de consulter leur ordinateur en même temps, soit il s'agit d'une stratégie pour impressionner l'ennemi... Mystère et boule de gomme!
En tout cas, ils m'ont laissé rentrer au pays pour terminer mon séjour linguistique... J'ai un peu perdu quand même. En fait, j'ai dû perdre ce que j'ai pris en poids lors de mon été en Corse. Je pensais diffuser une courbe de poids: cela aurait été intéressant mais bon j'ai pas de pèse personne ici. Pour vous expliquer, j'ai quand même perdu 4 à 5 kg aux USA entre février et juin et j'en ai pris plus de 6 kg entre juillet et septembre, en Corse. L'obesité menace la Corse, attention!!! (Faut dire j'ai un peu abusé la dernière semaine en Corse, en faisant des repas assez peu léger: exemple notamment chez les indigènes de la Costa Verde: des migliacci au brocciu en entrée, une pizza en plat de résistance et pour finir une gauffre au nutella, mmmh, y a bon!!)
Bon la reprise est dure: au regard des digressions nombreuses et fort peu à propos, il m'est difficile de maintenir le cap dans le fil de ma narration ...
Enfin on y vient: le week end dernier, expédition à La Push, petite bourgade au coeur de la minsucule réserve indienne Quileute http://maps.live.com/default.aspx?v=2&cp=47.905756~-124.63131&style=h&lvl=14&tilt=-90&dir=0&alt=-1000&encType=1 où nous avons loué, quelques et amis et moi-même, une "cabin" donnant sur la plage. Temps terrible le premier jour, soleil, pas de vent, pas de pluie, permettant une soirée sur la plage très arrosée au coin du feu.... L'on se trouve dans l'Olympic Peninsula, qui se trouve être le coin le plus pluvieux de tout l'Etat de Washington, puisque la montagne dominant cette péninsule, située à l'ouest de Seattle, culminant à plus de 2427 m, recueille toutes les pluies venant du Pacifique. Le climat est tel qu'il tombe 3 à 4 m d'eau par an sur cette zone avec pour conséquence une végétation très importante: on y trouve la fameuse forêt pluviale des zones tempérées qui contient le plus haut niveau de biomasse de tous les ecosystèmes terrestres. La rainforest est donc incroyable avec des épiphytes partout et des animaux que l'on a pas vu (seulement des merdes d'ours noir et d'élans!!) et beaucoup de pluie, qui nous avait enfin rattrapée... Le tout sans couverture réseau, du coup 24h dans l'attente de ce fameux match contre les blacks... Ici, il n'y a que les filles qui connaissent le rugby puisqu'elles y ont joué lorsqu'elles étaient au lycée...ah je vous jure....God damned american!!

dimanche 24 juin 2007

Jeu, Set et Fin de la première manche!

Bon, on y est: l'heure de rentrer au bercail... la mi-temps!! 4 mois que je suis à Seattle et il est temps de migrer pour passer l'été au soleil (parce que ici ça s'arrange pas: tout le monde disait, "ouais tu vas voir en juin, ce sera super" et maintenant c'est plutôt, "ouais c'est vraiment le mois de juin le plus pourri que l'on ait connu, tout ça, c'est de la faute de Sarko!!" Ils y vont un peu forts les p'tits Seattleites quand même, enfin, bon...). Dans exactement six petites heures (faut que j'aille me coucher), je vais me lever, attendre le shuttle à 5 plombes du mat' qui va déposer à 6h à l'aeropuerto, prendre mon avion pour Toronto à 8h15, arriver là-bas à 15h30, prendre un second vol pour Paris CDG à 20h25, qui nous débarquera à 10h00, mardi matin en terre sarkozyenne (faut que j'arrête avec lui), changer d'aéroport pour me diriger sur Orly pour mon vol Paris-Bastia. Arrivée en terre corse (et aussi sarkozyenne!! God Damned!) à 14hje sais plus combien. Une voiture conduite par un membre de ma famille viendra me chercher et une heure et demie plus tard, on devrait être à la Kasbah soit vers les 16h....
Je récapitule; lever 4h du matin lundi 25 juin - arrivée 16h mardi 26 juin: en temps compensé un peu plus de 27h à errer comme un zombie tout en essayant de faire bonne figure auprès de nos amis les douaniers...
Je vais quand même vous mettre un petit cliché: vendredi soir, un petit repas qui m'a reconcilié avec la bouffe américaine... plutôt sympa les fruits de mer comme ça, en vrac sur la table!!! Y sont forts ces américains!

lundi 4 juin 2007

A big mix = Du grand n'importe quoi (traduction libre)

En visionnant les quelques photos (quelques, car je ne suis pas très assidu dans le "prenage" de documents photographiques - je vais certainement le regretter - mais en même temps, le poids de la bête et les problèmes de batterie récurrents coupent tout élan artistico-journalistique qui surgit parfois du tréfond de l'âme de votre cher serviteur) prises ces dernières semaines, je me rends compte que tout se téléscope dans un joyeux bazar: les personnes que je rencontre, différentes, les paysages qui semblent disparaître littéralement sous les roues des voitures automatiques que je conduis, pour être remplacés par d'autres aussi stupéfiants, les saisons qui se bousculent dans une même journée, une végétation incroyable à la mesure du taux de précipitations annuel, etc. Vous allez me dire que tout cela est bien nébuleux. Pas vraiment, cela reflète vraiment l'état du dossier intitulé "Seattle" dans le fichier "Mes photos" stocké sur le disque dur de mon "laptop" (comme y disent ici). La preuve par l'image....
Tenez l'autre jour, je me rends au Sasquatch music festival (http://www.sasquatchfestival.com/), http://maps.live.com/default.aspx?v=2&cp=47.010196~-119.972463&style=a&lvl=14&tilt=-90&dir=0&alt=-1000&encType=1 , joyeux rassemblement d'amateurs de musique, de paysages vallonnés et de bikinis non moins vallonnés: si, si, vraiment, les gorges sont profondes à cet endroit de la Columbia river comme vous pouvez le voir sur la photo. Les américains savent bien faire les choses: vous pouvez ainsi admirer le paysage fabuleux qui s'offre à vous, allongé dans un herbe verte et douce arrosée avec amour (alors qu'il s'agit d'une région aride), la pente de cet amphithéâtre conférant l'angle parfait permettant de voir et écouter les artistes tel que Björk, Manu Chao (une star aux States?!) et des beaucoup moins bons, tout en dégustant la fabuleuse nourriture américaine à base de burgers et de "Oktoberfest" sausages, sous le regard envieux de naïades en maillots de bain au milieu du désert, fortement contrites de ne pouvoir en faire autant mais bien obligées si elles veulent conserver des formes aussi attrayantes que celles qu'offre le paysage mais aussi leurs petits amis bodybuildés et oints, dont le coefficient intellectuel semble avoisiner, au regard de leur comportement, celui du paon faisant la roue ou du Sasquatch errant dans les bois du Northwest américain... 30000 personnes rassemblés ainsi suffit à rassasier le besoin que j'éprouve, de manière aussi sporadique qu'éphémère, de rencontrer mon prochain... en troupeau!
Le lendemain, changement radical: direction le wilderness!! La forêt, les arbres immenses, incroyables, la rivière partout, les montagnes nous entourent, le silence de la nature, les parois verticales des pics qui nous surplombent, un petit pont de bois vermoulu, de la mousse verte et jaune sur les arbres, d'une épaisseur jamais rencontrée jusqu'à présent, des arbres qui ont chu lors de la dernière tempête et dont le diamètre fait deux fois ma taille, des troncs d'arbre creux comme on voit dans les dessins animés, lieux de poursuite infernales, des moustiques gros comme le doigt prêt à vous vider de votre sang : le bonheur quoi!! Rien de tel qu'une bonne marche...
En deux jours, on passe donc de la foule survoltée au silence de la forêt, de la végétation aride et clairsemée de la Columbia river à la luxuriance de la forêt de la Necklace Valley avec ses troncs d'arbres entrelacés... C'est comme cela que ça se passe chez Mc Donald: à la différence de l'ancien monde, en Amérique, les climats sont tellement perturbés par les reliefs imposants qu'en l'espace de quelques heures de voitures, on passe d'une humidité importante à l'aridité.
De même, on peut traverser les montagnes enneigées où il fait bon skier ou bien allez batifoler au bord de l'eau, l'horizon se découpant autour des innombrables îles du Pudget Sound. Les phoques et lions de mer s'amusent dans les courants incroyables qui se créent entre chaque îles (Fidalgo Island et Burrows Island en l'occurence), lors des changements de marées.
Voilà quoi , jonglage entre des décors montagnards avec une architecture allemande caractéristique (?), comme ici dans le village surréaliste de Leavenworth, jouant à fond sur la carte allemande, pour faire venir le touriste, et les grattes-cieux de Seattle, dont j'ai déjà parlé dans un article précédent...
On saute du coq à l'âne; du bbq (barbecue) improvisé sur un parking après une après-midi de ski pluvieuse, à la cuisinière de compétition que tout bon américain qui se respecte, possède dans sa cuisine, munie de résistance électrique qui monte en température ultra rapidement et dont la largeur d'enfournage (plus de 60 cm??!! A vérifier...) permettrait de faire rentrer un boeuf entier ou plutôt une pizza King size!!!
Je vous avais prévenu: du grand n'importe quoi!! que ces cernières semaines passées en cette terre de paradoxe où climats, paysages, cultures, mentalités se téléscopent et finissent par former dans un grand melting pot, une mixture souvent indigeste... Pour pouvoir l'ingurgiter et l'assimiler, il ne faut pas cesser de bouger. La sédentarité dans un tel milieu ménerait, à coup sûr, à l'obesité tant physique que mentale... Non, au contraire, il faut rester en mouvement, poursuivre le voyage à l'intérieur même du voyage puisque telle est mon/notre besoin vital comme l'explique Bruce Chatwin dans "Qu'est-ce que je fais là": "Sans doute devrions nous attribuer à la nature humaine une tendance appétitive au mouvement au sens le plus large. L'acte de voyager contribue à apporter une sensation de bien-être physique et mental alors que la monotonie d'une sédentarité prolongée ou d'un travail régulier engendre la fatigue et une sensation d'inadaptation personnelle. Une grande part de ce que les éthologistes ont désigné sous le nom "d'agression" n'est que la réaction de colère aux frustations causées par le confinement."
Bon ben, allez prendre une bonne bouffée d'air, c'est moi qui régale!! En tout cas, moi, dès que je peux, je ne m'en prive pas! Ah, au fait, j'oubliais: l'autre jour, des techniciens rentrent dans mon bureau, bardés d'instruments de mesures. Je leur demande: vous mesurez quoi? Asbestos! me répondent-ils. Est-ce dangereux? Pas vraiment!!! me rétorquent-ils...
Dernière précision, l'Asbestos, c'est de l'amiante!!... Sacré fichu pays de paradoxe...

mardi 15 mai 2007

Casquette basse, main sur la saucisse et base ball...

Bon, fallait y passer!! ça y est, c'est fait!! J'ai pénétré dans le saint des saints http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_des_saints de la culture américaine!! Je me suis mêlé au peuple américain!! Baptême, communion, eucharistie, extrême-onction!! J'ai tout fait!!
Baptême en m'immergeant dans la foule trépignant d'impatience devant l'entrée du Safeco Field et son fameux toit retractable http://seattle.mariners.mlb.com/, http://maps.live.com/default.aspx?v=2&cp=rxysdv4t52dq&style=o&lvl=1&tilt=-90&dir=0&alt=-1000&scene=3703340&encType=1, communion lors de l'hymne américain chanté a capella devant 40000 spectateurs debouts, casquettes basses et main sur le coeur, eucharistie en partageant le hot-dog et la Budweiser, extrême-onction devant la bassine de fromage fondu, d'un jaune qui ne laisse aucun doute sur la composition de cet ingrédient (à base de pétrole!! d'où les deux guerres vitales menées en Irak!! le développement d'un fromage fondu à base de poisson abyssal eût été beaucoup moins onéreux...) et qui pourtant est abondamment déversé sur des chips de maïs (les nachos). J'ai crié BOUOUOUO à l'entrée du meilleur batteur des Yankees de New-York, j'ai crié I-SHI-RO/ I-SHI-RO à l'entrée du meilleur batteur des Mariners de Seattle (Ishiro Suzuki)!!! En plus les petits gars de Seattle, ils ont gagné!! Je n'ai malheureusement pas pu attrapé au vol une éventuelle balle envoyée dans le public étant donné que l'on était placé à l'avant dernier rang, tout en haut du stade!! En tout cas, c'était plutôt bon enfant, pas vraiment la même ambiance que dans un stade de foot. On vient en famille (j'ai vu un père de famille changer la couche de son rejeton tout merdeux, sur une table à langer se trouvant à côté des urinoirs dans les toilettes pour hommes! y sont forts ces américains!!), on vient voir du base-ball puisque c'est de cela qu'il s'agit, si vous n'aviez pas encore compris, on vient acheter toutes sortes de produits dérivés (casquette, tee-shirt, petit coussin pour ses fesses, carte pour les collections de base-ball...) mais surtout on vient pour bouffer!! Le stadium est un vaste restaurant à ciel ouvert avec pas moins de 62 stands de bouffe vendant des cacahuètes, des hot-dog, des bretzels géants, de la binouze (point trop! il faut montrer patte blanche / + de 21 ans, sa carte d'identité, et pas plus de deux bières pas personne), des nachos dégoûtants avec du fromage fondu jaune, des barbe à papa, etc.
Il y a même un code of conduct avec les interdictions suivantes (je ne résiste pas à les indiquer ici):

> Foul/abusive language or obscene gestures,

> Intoxication or other signs of impairment related to alcohol consumption,

> Displays of affection not appropriate in a public, family setting,

> Obscene or indecent clothing,

> Any disruption of the game or event, including throwing of objects or trespassing on the playing field or in restricted areas,

> Sitting in a location other than the guest's ticketed seat,

> Fighting, taunting, or making threatening remarks or gestures.

On est effectivement loin des matchs de football avec nos chèrs supporters ("Paris, Paris, on t'encule!!" avé l'accent s'il vous plaît)!!!
Voilà quoi, une bonne après-midi de sport, de saucisse et de culture américaine!! J'étais à bloc le lendemain pour le second tour des playoff du tournoi de softball de l'université!! Je me voyais déjà en train de "catcher" des balles atmosphériques dans "l'infield", de frapper des balles terribles me permettant un "home run"...et bien, en fait, on a perdu... et c'était mon plus mauvais match...mon dernier match... d'une courte carrière de joueur de softball...sniff sniff

jeudi 3 mai 2007

Tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin elle se casse

Bon, ça fait longtemps que je ne me suis pas dégourdi les doigts à écrire un article sur le blog donc je m'en fais un petit pour me chauffer... Depuis le premier jour que j'ai posé le pied en Amérique du Nord, je l'ai tout de suite remarqué! C'était comme un fantasme, une envie d'essayer depuis fort longtemps... Je l'avais tellement vu sans avoir jamais pu l'expérimenter par moi-même... Je me suis donc approché, je me suis baissé, j'ai ouvert la bouche et ben là je m'en suis foutu partout parce que c'est pas évident, quand même, de boire à ces petites fontaines!!! Et oui, vous savez, on en a tous vu dans les séries américaines, dans les couloirs de lycée, ces petites fontaines: on appuie sur le bouton et un petit jet d'eau jaillit et on peut se désalterer en toute impunité. Et donc ils en foutent partout: dans les aéroports comme à Toronto (c'était ma première fontaine!! quel souvenir!!), à l'université, il y en a une juste à côté des toilettes, un petit pipi et hop un petit coup d'eau fraîche!! Et oui parce que c'est réfrigéré l'affaire!! Je me répète, mais ils sont forts les américains!! A tel point qu'ils en mettent aussi dans la rue ou comme sur ce cliché, à l'entrée d'un parc!! De l'eau potable pour tous!! C'est ça la démocratie, l'égalité et l'aérophagie aussi. Parce que pour boire un coup, y a pas pire!! Faut se plier en quatre, ce qui ne facilite pas l'absorption naturelle de liquide par voie orale et qui plus est, le faible débit et la trajectoire parabolique du jet vous obligent à déglutir fortement afin d'opposer une force contraire à celle de la pesanteur, seule possibilité permettant à l'eau de pénétrer dans votre oesophage. Bref, c'est assez technique de boire un coup aux States!! Je me demande d'ailleurs s'il faut tenter d'intercepter le jet d'eau dans la phase ascendante de la parabole ou dans sa phase descendante. Faites gaffe tout de même, l'autre jour j'ai experimenté une nouvelle technique et comme vous n'êtes pas à l'abri des regards comme vous pourriez l'être dans les toilettes par exemple, ou à confess' ou comme dans l'isoloir (souvenez vous il y a pas si longtemps et faut remettre ça dimanche: euh déconnez pas sinon je refous pas les pieds dans le pâtelin si Sarko passe!!) et bien tout le monde se marre bien quand vous êtes complètement aspergé! Je me suis fait bêtement piégé par un changement de débit!! God Damned!! Même les activités les plus élémentaires sont périlleuses aux Etats-Unis!! La semaine prochaine, je vous raconterai comment retirer de l'argent au distributeur automatique tout en restant au volant de sa voiture...si, si, c'est possible!! Bientôt dans toutes les bonnes banques françaises...